«Questions pour un côlon» : un spectacle drôle pour sensibiliser et aborder un sujet tabou, jeudi soir à Maubeuge

La Voix du Nord | 20/03/2016

Évoquer les termes de côlon, dépistage ou de cancer dans la même phrase, voilà qui n’est pas toujours facile à entendre. Un sujet, intime et tabou, qui sera mis en scène et joué jeudi par la troupe villeneuvoise La Belle Histoire afin de dédramatiser, se questionner, et surtout rire, tout simplement.

 

 

Un spectacle autour de la thématique du côlon : le sujet aurait de quoi provoquer une panne d’inspiration chez bon nombre d’auteurs. Pas chez la compagnie villeneuvoise La Belle Histoire, qui a fait de la thématique santé une de ses spécificités. Après le cancer du sein, les comédiens se sont attaqués au cancer du côlon, ou plutôt à son dépistage, à l’occasion de Mars bleu, mois dédié à la cause. Deuxième cause de mortalité en France, la maladie peut toutefois être soignée facilement, à condition qu’elle soit détectée rapidement. «  Pourtant, ce test peut apparaître comme un vrai frein, quelque chose de tabou pour les personnes qui préfèrent ne pas savoir, tant qu’il n’y a pas de symptômes, de peur de bouleverser leur quotidien personnel, professionnel, celui de leur famille…  », explique Séverine Alexandre, responsable Espace santé scène de la troupe.

 

 

Alors, pour aborder cette épineuse question, l’association Étincelle de la Sambre (lire ci-dessous) a préféré l’humour et l’improvisation en conviant des comédiens. Jeudi soir, les spectateurs découvriront l’histoire de Michel, joyeux quinquagénaire invité au dépistage du cancer colorectal, et de sa femme Jeanine qui face à la réticence de son époux va user de ses talents de persuasion pour l’accompagner dans sa démarche. «  C’est une pièce qui a été écrite avec un médecin coordinateur, et qui s’appuie sur des scènes réelles, personnelles de patients, des rencontres. On parcourt ce thème au travers du rire, de saynètes cocasses, mais jamais graveleuses  », poursuit la représentante de la troupe. Un peu moins d’une heure de théâtre qui sera suivie d’un débat avec des professionnels de santé, pour répondre aux questions, défaire quelques clichés abordés, rétablir quelques vérités, et surtout dédramatiser ce qui peut souvent apparaître comme une épreuve douloureuse et insurmontable.

 

 

« Questions pour un côlon », spectacle débat, jeudi 24 mars à 18 h 30 à la salle des Arts du lycée André-Lurçat de Maubeuge, 113, rue d’Hautmont. Entrée libre et gratuite. Réservations possibles au 06 11 01 26 08.

 

 

 

Espace ressource cancers : une reconnaissance

C’est une reconnaissance pour l’association sambrienne qui vient en aide aux malades et aux familles touchées par le cancer. La structure née en 2002 vient d’intégrer officiellement le dispositif Espace ressources cancer, de l’Agence régionale de santé et du conseil régional. À la différence des Aires cancers, ces espaces se situent en dehors de l’hôpital. «  Nous sommes les seuls de tout l’arrondissement  », précise Isabelle Pottier, coordinatrice de la structure, qui fait également des actions de prévention dans les centres sociaux.

L’an dernier, ce sont 159 personnes qui ont franchi la porte de l’association, installée à l’Épinette, dont 75 % de femmes. Parmi elles, on compte 42 % de patients, 23 % de proches, et 35 % de professionnels de santé et acteurs sociaux. «  Souvent, ils poussent la porte pour poser leurs valises, souffler. On tente de répondre à leurs questions sur la maladie, les traitements, de les aider dans leurs démarches… » Un sas de décompression, loin de la froideur apparente de l’hôpital, loin des blouses blanches, qui leur offre aussi du réconfort, viades ateliers de soins de support (socioesthétique, sophrologie…).

Étincelle de la Sambre, rue Molière entrée L nº2, à Maubeuge. Tél : 03 27 64 34 50.

En chiffre

2 : le cancer colorectal est la deuxième cause de décès chez les femmes, après le cancer du sein, le troisième chez les hommes, derrière celui de la prostate et du poumon. Dans la région, le taux de mortalité est 18,1 pour 100 000 hommes (14,1 au niveau national) et 10 pour 100 000 femmes (8,2 en France).

AFFICHE QUESTION POUR UN COLON