Landas: Stéphane Van de Rosieren, comédien et metteur en scène engagé, à l’honneur

Marie-Caroline Debaene | 18/10/2018 La Voix du Nord

Ce vendredi, Stéphane Van de Rosieren, comédien et metteur en scène, installé à Landas, recevra de Jean-Paul Francke, maire, les Palmes académiques. Une reconnaissance de l’Éducation nationale pour son action dans les écoles avec sa compagnie La Belle Histoire.

 

«  C’est un personnage unique qui mérite d’être connu. Je voulais vraiment que son travail soit mis à l’honneur  », explique Joël Hugue, proviseur au lycée Baudelaire à Roubaix. C’est lui qui a suggéré la candidature de Stéphane Van de Rosieren, sans lui en parler, auprès du ministère de l’Éducation Nationale pour parler de son théâtre d’intervention qu’il distille depuis plus de vingt ans auprès des scolaires, entre autres, avec sa compagnie La Belle Histoire. «  En abordant des thèmes variés comme l’addiction, les discriminations ou encore les violences, il ne s’impose pas en donneur de leçons mais en déclencheur de débats.  »

Un clown engagé

À 52 ans, cet homme débordé, vraisemblablement boulimique de travail, semble avoir toujours le même enthousiasme que le jour où il a découvert le théâtre en BTS informatique. «  J’ai été élevé dans une grande ouverture de l’autre, mais le théâtre, ça se résumait pour moi à «Au Théâtre, ce soir» à la télé.  » Parce qu’il a besoin de gagner sa vie, il monte une boîte d’informatique à la sortie de ses études, tout en s’inscrivant dans un atelier de théâtre amateur, à Lomme. C’est là qu’il rencontrera Guy-Claude Sta, aujourd’hui décédé, avec qui il fondera Les Clowns de l’Espoir (intervention auprès des enfants malades dans les hôpitaux).

Un théâtre pour échanger

Avec la Belle Histoire, à sa manière, il tente aussi d’ouvrir les esprits, questionner sans jamais juger. Avec quatre cents spectacles par an, il emporte avec lui chaque année une vingtaine de comédiens de la région. Une famille avec qui il travaille depuis des années. Quand on lui dit qu’il a finalement monté une PME dans le milieu culturel et qu’il crée de nombreux emplois, il rit. «  Je ne me vois pas comme ça. Nous sommes des artisans en auto-production totale. Les comédiens sont des militants qui ont cette fibre sociale et citoyenne. Nous sommes des passeurs. Nous donnons la parole à ceux qui ne l’ont pas en ouvrant le débat après chaque représentation.  » L’une des comédiennes de sa compagnie, Audrey Boudon, parle d’un homme «  fédérateur  ». « Stéphane permet à tout le monde de s’investir dans la compagnie. Il aime que l’on se remette en question en permanence, que ce que l’on fasse ait du sens. C’est quelqu’un qui comprend très vite ce qui l’entoure. Il a toujours un train d’avance.  »

Ce vendredi soir, la pièce qu’il a écrite et mise en scène, Un fusil à la main, sur le thème de la Grande Guerre, sera jouée pour la 101e fois à la salle polyvalente de Landas. Rien que cela. Encore une belle histoire…

article vdr