Barlin: Lutter contre le racisme et l’antisémitisme en cuisinant!

La Voix du Nord | 03/12/2018

Samedi, salle Robespierre de Barlin, dix-huit personnes étaient présentes dès 9 h 30 pour assister à un atelier cuisine camerounaise gratuit. Objectif : lutter contre toutes formes de discriminations.

 

Sur le mur de la cuisine, une phrase simple est affichée : «  Contre le racisme et toutes les formes de discrimination, agissons !  ». Ce samedi matin, c’est par la cuisine que Barlin s’est lancée dans cette initiative pour la première fois, dans le cadre du projet Barlin invite le monde.

Au fur et à mesure que l’atelier passe, les odeurs d’épices montent au nez, l’atmosphère se fait de plus en plus chaleureuse et les rires emplissent la salle à chaque fois que Jeanne Bebole, bénévole d’origine camerounaise, répète qu’elle juge les quantités de sa recette «  au pif  ».

 

La plupart des présents peuvent s’estimer chanceux puisque des inscriptions ont dû être refusées, manque de place. Pour Jacqueline, cet atelier est une façon de «  connaître les coutumes d’autres pays et voir ce qu’on y mange  ».

Initiative reconduite en 2019

Au menu : ragoût de haricots accompagné de beignets de farine. Jeanne Bebole témoigne ne pas avoir hésité lorsque Barlin l’a sollicitée pour ce projet. Une façon pour la cuisinière de prouver son attachement à la commune. Avec son association Victoire – venant en aide aux orphelins camerounais, elle exprime d’ailleurs déjà son amour de la cuisine et des autres en organisant des repas associatifs.

Quant à Hélène Sam, s’occupant de l’atelier cuisine asiatique, elle se fait un plaisir d’accepter la demande de la ville. En plus, elle a la «  chance d’avoir un personnel capable de gérer  », raconte-t-elle en évoquant son restaurant Sojun, de cuisine fusion asiatique et ch’ti, à Béthune.

 

« Inviter les Barlinois à saisir l’opportunité de découvrir d’autres cultures. »

 

«  Inviter les Barlinois à saisir l’opportunité de découvrir d’autres cultures et partager les différences, mais aussi, lutter contre la haine raciale  » sont tant de thèmes que le maire, Julien Dagbert, évoque en parlant du projet.

Une réussite apparemment, puisqu’il annonce vouloir le reconduire pour l’année 2019 en y ajoutant un projet sur la sensibilisation des adolescents aux fake news (« fausses nouvelles » en anglais), qui poussent, malheureusement, souvent à la haine.

 

 

Récits d’immigrants polonais, mercredi

Le projet Barlin invite le monde, monté par le CCAS (centre communal d’action sociale), s’étend sur trois journées. Une soirée famille vendredi dernier pour voyager à travers divers ateliers. Deux ateliers cuisine le samedi matin : un camerounais et un asiatique. L’après-midi, un cours d’initiation à la danse africaine, puis un concert de musique tzigane en soirée.

Et enfin, pour la dernière journée, qui se déroulera le mercredi 5 décembre, une pièce de théâtre sera réalisée par la compagnie La Belle Histoire à partir de récits d’immigration polonaise de six Barlinois.

La directrice du CCAS et coordinatrice politique de la ville, Marie-Paule Logie, explique que ces activités sont mises en place pour créer des liens, des moments de partage et parce qu’elles sont adaptées à tous. Elle confie qu’il était important d’imaginer ce projet après «  avoir eu connaissance de personnes victimes de discriminations verbales à Barlin ».

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